Un petit compte-rendu de TontonJeannot......
Mon trail de la Sainte Victoire : la charrue avant les bœufs ?
Préambule :
Ce n’est qu’à l’arrivée que je me suis rendu compte qu’il y a à peine un an, je n’avais fait en tout et pour tout dans ma vie que 2 courses sur route de 10kms.
Et ce jour, je venais de terminer un trail de 60kms dans la douleur, avec pour seule expérience « sérieuse », 2 trails de 30kms environ.
N’aurais je pas mis la charrue avant les bœufs.
Contexte :
Depuis plusieurs mois, l’inscription était faite. De façon générale, je ne m’entraine jamais beaucoup. Aussi ma préparation au TSV s’est principalement limitée à une sortie de 20kms par mois depuis 3 mois, la dernière étant la reconnaissance des 20kms (que je pensais les plus durs) de la Sainte Victoire.
Depuis le début du projet, je m’étais fait à l’idée que j’allais suivre Tonton Marco le plus longtemps possible, me voyant même éventuellement le déposer sur les dix derniers kilomètres…
Compte à rebours :
A partir de H-48 la pression est de plus en plus grande. Je retrouve un stress perdu depuis presque 10 ans sur mes premières courses de VTT. Sauf que cette fois, l’enjeu n’est pas de faire une place mais de finir la course.
Finalement ce n’est qu’à 10 kilomètres de l’arrivée, lorsque j’ai enfin compris que quoiqu’il arrive, j’allais terminer, que j’ai retrouvé mon calme.
Ma course :
Départ :
Dès le coup de sifflet, je trouve que ça part vite, trop vite à mon goût pour 60 kilomètres. J’essaye de suivre Marco mais rapidement je me dis que je dois me résoudre à continuer seul car je ne tiendrai pas ce rythme pendant 60 bornes.
Et au bout de 5 kilomètres seulement, alors que j’étais déjà hyper stressé, me voilà encore plus pétrifié car je suis « seul ».
Je cours à une moyenne de 9km/h. Mon objectif est de mettre 10h soit 6km/h de moyenne. Malgré ce constat mathématique, je ne peux pas m’empêcher de penser qu’il sera dur d’arriver au bout.
De St Antonin à Puyloubier:
Avant le départ je m’étais dit qu’il fallait que je sois au premier ravitaillement entre 8h et 8h30. J’y suis à 8h15.
Mais encore une fois, cela ne suffit pas à me rassurer.
La présence de Patrick et Nono me remonte le moral mais pendant à peine un kilomètre.
En effet, rapidement je dois faire face à une nouvelle déconvenue. En effet, j’étais persuadé que le parcours resterait plutôt calme jusqu’à Puyloubier mais rapidement le chemin s’élève et bientôt il faut mettre les pieds… et les mains !!!
Finalement, je trouve que ce fut la partie la plus dure du parcours et je ne m’y attendais pas du tout.
A un moment donné, je me demande si je ne dois pas attendre les autres Tontons et Sandra qui sont derrière. Mais cela voudrait dire changer de rythme et j’ai peur de ne plus pouvoir repartir. Tant pis, je continue seul.
Bientôt c’est le retour de nos supporters : Patrick et Nono qui ont été rejoints par Olive. Au passage je leur fait part de mon stress et ils trouvent les mots pour me rassurer, malheureusement trop provisoirement.
Nouvelle erreur : j’étais persuadé que le ravitaillement à Puyloubier était à 20 bornes. En fait il est 5 bornes plus loin. Du coup pendant cinq kilomètres je doute de nouveau : ma montre m’indique t’elle la mauvaise distance ? Suis-je en train d’avancer comme une tortue ? Et pour la première fois je pense aux barrières horaires.
Je mange une demi pâte de fruit alors que j’ai déjà fait 20 kilomètre et rien avalé d’autre.
J’arrive enfin à Puyloubier
De Puyloubier au bas des plaideurs:
Au ravitaillement j’appelle Céline. Il était question qu’elle suive Patrick et Nono mais visiblement elle ne l’a pas fait (en fait, elle est rentrée à la maison). Elle ne répond pas. Je lui laisse un message.Nouvelle déconvenue.
Au ravitaillement j’ai envie de salé mais je n’ose pas manger de fromage ou de saucisson car j’en ai un mauvais souvenir sur une rando VTT il y a quelques années à Méribel. Mais n’est ce pas parce que j’avais trop abusé ? Il faudrait que je trouve la réponse.
Du coup, je ne mange que deux chips et bois un verre de Perrier.
Inutile de remplir ma poche à eau car j’ai à peine bu ¾ de litre.
Alors que je m’apprête à repartir, Sandra arrive.
Elle est beaucoup plus rapide que moi au ravitaillement et du coup, nous repartons ensemble.Elle est en pleine forme. Nous discutons, cela me fait du bien. Elle me rassure sur les barrières horaires. Nous avons deux heures d’avance.Nous connaissons maintenant le parcours puisque nous l’avons repéré.Avec Nikita, je me dis que je suis sauvé.Nous repassons devant l’équipe de supporter et même la banderole des tontons.Je retrouve le moral.
Nous marchons mais trop vite pour moi. Je m’accroche. Nous doublons des concurrents. Sandra avance tel un métronome. Je lui dis qu’elle va vite ce à quoi elle me répond : « ça descend après ».
A l’oratoire, nous déroulons. Je fais la descente, Sandra est juste derrière.
Et tout à coup c’est le drame : au col des portes, alors que le chemin est en faux plat montant, je ne peux plus suivre le rythme de Sandra. Elle s’échappe alors que je reste désespérément collé.
Je sais que nous sommes sur la partie la plus plate du trail et je ne cesse de me souvenir les conseils de Marco : quand c’est plat, si tu ne cours pas tu perds un temps infini.
Je trottine. Je regarde ma montre, je suis environ à 7,5km/h. Je me rassure en me disant que c’est toujours mieux que 5 km/h, mon allure de marche « rapide ».
Je commence à penser au prochain ravitaillement. Je me dis qu’il faudra absolument manger du salé car je n’ai pas du tout envie de sucré.
Finalement me voilà au bas des plaideurs, vers 12h20.
Du bas des plaideurs à St Antonin:
Je mange un micro sandwich au fromage mais j’ai énormément de mal à mâcher. Je bois un verre d’eau pétillante puis je repars. Je m’arrête moins longtemps qu’à Puyloubier car j’ai remarqué qu’il ne valait mieux pas s’éterniser au ravitaillement.
Le micro sandwich a du mal à passer. J’ai l’impression d’avoir de la fièvre car j’ai très chaud et je transpire, me semble t’il anormalement.
Je marche lentement. Un concurrent me rassure sur les délais, j’ai toujours 2 heures d’avance.
Au ¾ de la montée, les encouragements de Nono et Patrick me portent. J’ai perdu 25 minutes sur Sandra en à peine plus de 10km. C’est une machine de guerre. Elle ne faiblit jamais. Elle court au même rythme du début à la fin. Une vraie ultra traileuse.
Mon téléphone sonne : un SMS. Je ne regarde pas tout de suite.
A un moment où je ne devais pas capter, quelqu’un a essayé de m’appeler de chez moi. Ce ne peut être que Céline. Au kilomètre 38 je l’appelle. Elle m’encourage et ça marche. Je pense que je ne finirai pas mais je suis quasiment au sommet des plaideurs et de toute façon il est matériellement impossible d’abandonner là.
Sur la crête j’essaye de recourir régulièrement mais la lucidité n’étant déjà plus là, je trébuche régulièrement.
Je me fais doubler plusieurs fois.
Tout à coup, une fille sortie de nulle part se met devant moi et me fais le chemin. Elle me dit de souffler, de faire attention à mes appuis, de relancer. Je la suis et me demande si c’est compris dans le prix de l’inscription. Elle n’a pas de dossard mais un petit groupe de 3 concurrents la suit.
Arrivé au prieuré Sainte Victoire, il y a beaucoup de spectateurs. Je suis porté par les encouragements et mène désormais un groupe de 3 dans la descente.
Je commence à avoir mal aux deux genoux.
Régulièrement je m’arrête dans la descente pour tenter de laisser refroidir.
Le soleil commence à taper. Je sors mon buff, l’arrose et le met sur mon crâne.
Je trouve un compagnon de route jusqu’à Saint Antonin.
De St Antonin à Rousset:
Au ravitaillement : un verre d’eau gazeuse et deux quartiers d’orange puis je repars. Mon arrêt le plus court. Immédiatement je comprends que quoiqu’il arrive je terminerai ce trail. Cela me donne des ailes. Pour la première fois depuis le début je ne stresse pas. Pire que cela, je regarde ma montre et me rend compte que je peux tenir mon objectif : 10h00.
J’ai même regardé le tracé que j’avais apporté et que j’aurais du regarder aux moments de doute. Après le kilomètre 51,5, il n’y a plus de difficulté majeure.
Mes deux genoux me font de plus en plus souffrir. Je marche les ¾ du temps.
Je discute un peu avec un concurrent qui me raconte qu’il embauche le lendemain à 4h00 puis avec un Lillois venu spécialement pour ce trail. Dans la discussion je lui dis que c’est la première fois que je fais un trail aussi long. Lui aussi mais il a plus d’expérience. Il s’étonne de ma progression « trop » rapide. Il est avec un collègue qui n’avance plus.
Nous sommes dans les deux derniers kilomètres et je me fais encore doubler. J’ai l’œil rivé sur mon chronomètre. Ca va être juste. J’essaye de gérer.
L’émotion m’envahit. Je retiens mes larmes. Marco, Sandra, Patrick, Nono, Seb sont là. J’oublie que j’ai mal aux genoux. Je cours vers la ligne d’arrivée et pense à ce qu’a dû ressentir Marco en passant la ligne d’arrivée de l’UTMB au bout de 40h de course.
Déjà là au bout de 10h, c’est indescriptible alors 4 fois plus…
Je bois une bière. Céline arrive et me ramène.
Et après…
J’ai mal aux genoux mais je rejoins la voiture plutôt facilement et je ne m’endors pas sur la route. Arrivé à Martigues, j’ai très froid. Je me mets dans le canapé, je ne me sens pas bien. Impossible d’avaler quoique ce soit.
J’atteins difficilement la douche. Elle me fait du bien mais sans plus.
Vers 20h00, j’essaye de manger. Comme j’ai envie de McDo je cède à cette tentation anti diététique.
Cela ne passera pas !
Je me demande si je serai en état d’aller bosser le lendemain et même si je vais passer la nuit !!!
Finalement après une bonne nuit, cela va plutôt très bien comparativement à l’effort fourni. Je suis diminué, j’ai des courbatures et surtout des douleurs aux genoux mais ça va plutôt bien.
Je vais bosser.
Je n’ai pas envie de prendre de décision trop hâtive mais je me pose beaucoup de questions :
- suis-je capable de faire un trail long et à fortiori un jour peut être un ultra ?
- dans quelle mesure la peur m’a-t-elle handicapée ?
- comment corriger mon absence d’alimentation pendant le trail ?
- serais-je capable de faire le trail des lucioles dans 15 jours ?
- mon entraînement était il suffisant ?
- est ce que je ne mets pas la charrue avant les bœuf ? N’aurais je pas intérêt à faire encore mes armes sur de « petits » trails de 30kms avant d’attaquer plus gros ?
Je me laisse un peu de temps pour trouver les réponses à ces questions. Comptant aussi sur l’expérience de certains !!!
En attendant, je suis bien content d’avoir relevé ce défi.
TontonJeannot...
Belles performances des
tontontrailers à la ste victoire.Un grand bravo à notre Tata sandra
dit " Nikita" pour sa 3° place. Bravo à tous bon repos et vivement
les lucioles
BRAVO A TOUS voici les photos de
Nono de cette belle journée
le presi, nikita (sandra) ,jeannot,jack ,gibou ;les chronos seront affiches
ulterieurement
the coach jp ( 1h 09 à l'etoile)
https://picasaweb.google.com/100217428886034114806/15Avril2012?authuser=0&feat=directlink
Belle journée en effet sur ce magnifique trail avec 5 Tontons au départ (et 5 à l'arrivée), ponctuée par un nouveau podium de Tata Sandra....350 trailers au départ , 327 à l'arrivée....TontonMarcoPrésident.
78 TURZO Marc 29 V1M 74 M 07:58:11 7.40 [13] Les Tontontrailers
119 CASU Sandra 3 V1F 10 F 08:24:49 7.01 [13] Tontontrailers:PODIUM
242 BRIDET Jean 87 SEM 217 M 09:58:03 5.92 [13] Les Tontons Trailers
255 GIRARDOT Jacques 91 V1M 229 M 10:06:52 5.83 [13] Tontontrailers
295 RIBET Gilbert 51 V2M 264 M 10:47:17 5.47 [13] Tontontrailers.
et Ludo 22ème en 6H58....!!!!
les photos:
L e 7 Juillet 3 Tontons (Gib,jack et Moi) et au moins un "pacer"(Nono) vont affronter une course mythique et donnant le vertige rien qu'en regardant ses mensurations: 103 km et e 8600 m de D+ annoncés pour l'édition 2012.. un petit avant goût avec cette vidéo sympatique....TonTonMarcoPrésident.
C’est reparti pour une nouvelle édition de la
Montagn’hard !!
Le départ des 3 courses sera donné le samedi 7 juillet
2012.
Cette année quelques nouveautés :
* Les 3 départs seront décalés :
* Les parcours du 37 et du 60 sont inchangés ou
presque.
* Le parcours du 100 est encore en cours de
validation auprès de la préfecture.
Il présentera quelques nouveautés avec la
disparition de la boucle de la Balme et des lacs Jovet,
au profit d’une partie sauvage et
technique (!!) dans le Beaufortain.
Nous vous en dirons plus quand ce parcours
aura été validé.
* Cette année, les coureurs de la Montagn’hard 100 pourront
se faire accompagner par un pacer
à partir du ravitaillement des Contamines =>
voir Règlement
Le nombre des coureurs est limité à 200 sur le 100
et 600 au total des trois courses.
La MONTAGN’HARD vous souhaite la bienvenue !!!!
INSCRIPTIONS OUVERTES ! Sur nos 3 courses:
Montagn'Hard 103 / 8600m
Montagn'Hard 60 / 4800m
Moins'Hard 37 / 3200m
....Ya pluka....
TontonOlive et the Coach se sont faits une petite coursette à Allauch...
| Place | Nom Prénom | Doss. | Catég. | Club | Temps |
| 60 | CHAUVIN OLIVIER | 593 | V2M 14 | TONTON TRAILERS | 1:00:00 |
| 145 | SALDUCCI JEAN PIERRE | 124 | V3M 12 | TONTON TRAILERS | 1:15:19 |
213 rentrants et un temps top pile poil pour Olive.....Félicitations à ts les deux.
TonTonMarcoPrésident.
Moi je dirais, qu'ils étaient IMPRESSIONNANTS nos 2 Tontons.
TonTonRicou.
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